Aimeriez-vous avoir un Carlin dans votre vie ? Si oui, alors il y a quelques informations que vous devez absolument savoir sur cette race. Charmant chien de compagnie facilement reconnaissable à sa petite taille, son corps trapu et ses yeux proéminents, le Carlin est un molosse populaire originaire de Chine et qui a conquis les foyers européens depuis le XVIe siècle. Affectueux, adorable, joyeux, vif et sociable, ce magnifique chien aux nombreux atouts séduit crescendo nombre de foyers français.

avoir un carlin

Son apparence visuelle a inspiré le nom que les adeptes de certains pays lui donnent : s’il est connu comme chien Carlin en France et dans la majorité des pays francophones (Carlin venant du nom de Carlo Antonio Bertinazzi, comédien Italien ayant pour nom de scène Carlino et dont le masque faisait penser à la face de ce chien), son profil en forme de poing lui a valu le nom de Pug dans les pays anglo-saxons (Angleterre, États-Unis, Australie…), et sa mine faisant penser au visage d’une personne fâchée lui a value le nom de Mops dans des pays comme l’Allemagne et la Russie.

Je vous en dis davantage sur l’histoire, le caractère, l’éducation, et la santé de cette magnifique race de chien, aussi adorable avec les adultes et les personnes âgées qu’avec les enfants et même les autres chiens.

 

Origine et histoire du Carlin

Le Carlin est une race d’antan, certainement l’une des plus vieilles qui existe encore aujourd’hui. Malgré des signes de son existence à partir de l’an 61 apr. J.-C., l’origine du Carlin remonterait au VIe siècle av. J.-C. en Chine. Sa diffusion à l’étranger (précisément en Europe) sera favorisée par l’activité des navires de commerce, et c’est sur ces territoires étrangers que cette race de chien déjà célèbre prendra des appellations nouvelles.

Dès ses premières apparitions, il fait déjà figure d’animal très honoré et apprécié par les plus grandes personnalités de la scène politique et même de la mode.

Les origines
Il y a un certain manque d’unanimité parmi les chercheurs sur l’origine et les ancêtres réels de ce petit chien. Anutchin et Keller s’affrontent d’ailleurs à ce sujet.

D’après les analyses d’Anutchin, l’évolution de ses dents montre qu’il provient d’un dogue, qui lui-même descend du loup d’Europe dit Canis Decumanus de Nehring. Le chercheur soutient que ses dents ont connues un développement marqué par une moindre évolution des maxillaires supérieurs, qui a causé une juxtaposition transversale des prémolaires et autres dents.

Il ajoute que dans toutes les races, ces maxillaires se rétrécissent au fur et à mesure pour atteindre une taille finale avec le bud-dogue, ou alors elles prennent une forme réduite avec le Carlin, comme c’est le cas pour ce chien.

Pourtant, Keller est d’un autre avis, et trouve que cette race de chien descendrait plutôt du Loup noir du Tibet. L’auteur soutient que ce chien (tout comme plusieurs chiens et dogues d’aujourd’hui) provient du Mastiff du Tibet, qui lui-même provient du Loup noir du Tibet. Pour justifier son point de vue, Keller se base sur un crâne découvert dans un petit pays romain, ainsi que sur certaines gravures et quelques reliefs romains et assyriens.

Ainsi, pour les deux chercheurs, il descend d’un loup (comme le confirme d’ailleurs l’analyse génétique), puis d‘un loup (sur lequel les deux auteurs ne s’entendent pas), suivi finalement d’un dogue (Dogue ou Mastiff du Tibet) dont il descend directement. Si sa taille peut paraître très différente de celle du Tibet, Lockhart précise qu’il n’a pas toujours eu cette petite taille, car sa race a été en réalité dégénérée par rapport à celle d’origine.

Cette dernière offrait en effet deux types de Carlin : l’un petit, avec de longues jambes, de couleurs noir et blanc, et aux yeux proéminents ; l’autre avec de courtes jambes, un dos long, des yeux proéminents aussi, et un poil long. Les deux possédaient la même face, celle du boule-dogue.

On aurait donc imposé un régime strict au type à longues jambes (faible nutrition constituée principalement de riz, pas de marche ou de course à terre…) pour le rendre chétif comme il apparaît aujourd’hui. Cela l’a sûrement rendu de nature un peu trop maladive malheureusement, mais il a connu une vie pleine d’admiration et de respect au sein des hautes sphères sociales, et s’est surtout très bien exporté à travers le monde, où il a toujours et est toujours beaucoup admiré et respecté.

La diffusion d’un bout à l’autre du monde
C’est précisément en Chine que le chien Carlin apparaît pour la première fois, notamment au VIe siècle, où il était déjà évoqué par Confucius. Il fut tellement choyé par la haute royauté qu’au XXIVe siècle, il était interdit à tous ceux qui ne faisaient pas partie de la royauté de le posséder (de même que le Chin japonais et le Pékinois à cette époque).

Les plis sur son front portaient toujours un message (prince, réussite, fidélité, bonheur…), ce qui en a fait un cadeau idéal pour les mariages dans la royauté et la haute aristocratie. C’est ainsi qu’il a traversé le monde (offert aux membres de la royauté de différents territoires comme cadeau de mariage), avec aussi l’aide des flottes de produits en soie.

C’est ainsi qu’il traverse l’Espagne (popularisé par la reine Isabelle), l’Écosse, l’Angleterre (territoire où il a été le plus populaire en Europe, grâce notamment à la reine Victoria), la Russie, la France (après des hauts et des bas en matière de popularité ; avant son mariage avec Napoléon, Joséphine faisait porter ses messages par ce petit chien ; le Duc et la Duchesse de Windstor ayant grandement participé au regain d’intérêt pour lui dans les années 1960)…

Aujourd’hui, il est connu comme un animal doux et adorable, parfait pour la vie en famille et en compagnie des personnes de tout âge.

 

Caractère du Carlin

Si nombre de cynophiles ont souvent été moins élogieux en ce qui concerne sa personnalité, son apparence et son caractère, ce sont justement les énormes qualités que le Carlin possède au niveau de ces paramètres qui lui ont valu sa popularité d’antan et actuelle.

Un chien très attachant et familial…
Il aime être en compagnie de son maître ou de sa maîtresse, que ce soit à ses pieds ou bien dans ses bras. Dormir sur celui ou celle-ci serait même un de ses ultimes désirs. Il s’adapte bien à la vie aussi bien en appartement qu’en maison, aime les sorties et les jeux, mais n’apprécie et ne supporte pas les exercices physiques ou les balades longues en raison de sa faible endurance.

Gentille et très amusant…
Il fait également preuve d’une grande gentillesse envers tout le monde, et même envers ses semblables, partageant facilement son environnement avec eux. Mais puisqu’il est très attachant, il n’aime pas trop partager son maître ou sa maîtresse avec un autre animal.

Le Pug comme les Anglo-saxons l’appellent est aussi un chien très amusant. Il aime amuser les gens et son maître, susciter des réactions comiques, d’autant plus qu’il est un peu maladroit. Certains le surnomment même le clown. C’est en partie ce côté amusant qui fait qu’il soit très à l’aise avec les enfants, et vice versa.

Il joue bien avec les touts petits et leur tient bien compagnie, et n’est pas de nature agressive. Il faudra toutefois apprendre aux enfants à bien se comporter à son endroit, puisqu’il reste avant un animal qui peut réagir lorsqu’on le brutalise.

Très dévoué…
Sa grande dévotion est une autre qualité qui lui a valu son amour et sa popularité auprès des reines et des dames. Alors que la trahison et l’égoïsme étaient des attitudes très courantes à l’époque, ce chien a su marquer les esprits de ses maîtres et maîtresses par son amour, sa fidélité et sa dévotion entière et ad vitam aeternam. Aujourd’hui, il garde cette excellente qualité.

Il aime beaucoup la compagnie de son maître et de ses proches (il n’est donc pas très adapté si vous comptez le laisser trop souvent seul). Il est également très émotif, et n’aime pas voir son maître ou ses proches tristes ; il n’aime pas non plus se faire gronder, sinon il se retire dans son coin pour bouder.

Moins intelligent, mais apprend très bien…
C’est partiellement à raison que certains cynophiles traitent ce chien de stupide, mais cela ne veut pas dire qu’il n’est pas capable d’apprendre, de maîtriser et d’exécuter des ordres. Certes, il n’est pas le plus intelligent des chiens, mais exécutera facilement des ordres avec l’habitude et l’apprentissage, et même instinctivement. Seuls le raisonnement déductif et l’anticipation lui font un peu défaut. Il doit donc être bien éduqué comme je vous le montrerai dans la section consacrée à son éducation.

Aimable et calme lorsqu’il est bien éduqué…
Si certains lui reconnaissent beaucoup de hargne, d’agressivité et de jappement, il faut savoir qu’il ne s’agit là que de troubles comportementaux. Lorsqu’il est bien éduqué et qu’il possède un mode de vie sain, il est très calme, tendre et aimable.

Sociable et donc peu dissuasif…
C’est un chien très sociable, et par conséquent qui aime recevoir des visiteurs. Seulement, il peut de cette manière ne pas être un obstacle pour un mauvais visiteur. Il est donc plus un roquet qu’un chien de garde, car il aboie quand même dès qu’un fait lui semble inhabituel derrière la porte, mais c’est tout ! Il ne sautera pas tout de suite sur le premier bandit ou intrus ; il prendra plutôt la fuite s’il y a une véritable menace.

Et ronfleur
Ce n’est pas une rumeur, le Pug ronfle lorsqu’il dort. Mais cela est dû à son anatomie, qui ne permet pas une bonne circulation de l’air, entrainant ainsi des bruits de ronflements, dont l’intensité de la position occupée par le chien.

 

Éducation du Carlin

Le Carlin mérite et doit recevoir une bonne éducation, faute de quoi son caractère têtu et boudeur prendra rapidement le dessus ; il risque également de développer très vite de mauvais comportements qui le rendront insupportable. Voici quelques précieux conseils pour inculquer une bonne éducation à votre chien, et faire de lui le meilleur compagnon qui soit :

  • Commencer son éducation dès son acquisition. Qu’il soit encore jeune ou plutôt vieux lorsque vous l’acquérez, il est préférable de lui inculquer de bonnes habitudes au plus vite. N’oubliez pas qu’il n’est pas le plus intelligent des chiens comme je l’ai précisé plus haut ; il n’aura donc pas de bons comportements grâce à son raisonnement, mais seulement si vous les lui apprenez et qu’il s’y habitue.
  • Communiquer naturellement avec lui. Comme un enfant, il peut comprendre certaines expressions, tant verbales que non verbales. Vous pouvez ainsi laisser percevoir votre mécontentement en faisant une mauvaise mine lorsqu’il se comporte mal, ou en disant simplement « non ».
  • Recourir au renforcement positif (basé sur la récompense). Cette méthode est la meilleure pour l’éducation de la majorité des chiens. Il faut le récompenser lorsqu’il se comporte bien et exécute vos ordres. Vous pouvez par exemple lui donner des caresses au cou, des friandises, son repas, des jouets, etc. Je vous recommande même de le récompenser le plus souvent, même quand il fait rien d’extraordinaire; cela accélère et optimise son apprentissage.
  • Le nourrir correctement. Il doit avoir une bonne et régulière hydratation, ainsi qu’un bon régime alimentaire, surtout s’il est encore un chiot.
  • Le divertir régulièrement. Dès que vous le pouvez, proposez-lui des activités divertissantes comme des jeux et des balades, sans que ces activités ne soient pas longues et épuisantes.
  • Être le leader. Sans recourir à la punition, il faut parfois être ferme avec lui, surtout lorsqu’il boude constamment ou exprime des désirs capricieux.

Santé du Carlin

Le Carlin est un chien doté d’une bonne santé en général ; néanmoins, plusieurs considérations sont à prendre en compte sur le plan de sa santé avant de l’acquérir et même après.

Problèmes récurrents de santé
La majorité des problèmes de santé auxquels il est soumis sont liés à son anatomie.

  • Chaleur. Il ne supporte pas trop la chaleur.
  • Problèmes oculaires. Ses yeux sont très sensibles et exposés aux inflammations et aux rougeurs (et bien d’autres problèmes), surtout lorsqu’on ne les nettoie pas régulièrement.
  • Problèmes respiratoires. C’est un chien brachycéphale (de même que le Pékinois, le Bulldog, le Bouledogue…) et par conséquent soumis à des difficultés respiratoires (ronflements, régurgitations et autres problèmes respiratoires) en raison de la forme de son crâne, de sa gueule plate, de la forme de son nez et de ses tissus nasaux (très mous).
  • Problèmes de peau. Il est vulnérable à la pyodermite, qui apparaît souvent sur ses plis faciaux, ses lèvres et ses oreilles.

Espérance de vie et entretien
L’espérance de vie de ce chien est de 12 ans au minimum et d’un peu plus de 15 ans au maximum. Et grâce à une bonne hygiène et un bon entretien, vous pouvez l’aider à vivre pleinement cette espérance maximale de vie.

Son entretien n’est d’ailleurs pas difficile, car il suffit de le brosser constamment, surtout lors de la mue (à l’aide d’une carde). Afin donc d’éloigner les risques de maladie, il faut lui nettoyer régulièrement la peau, le poil, les yeux (à l’aide d’un sérum physiologique) et les plis présents en dessous du nez.

Vous pouvez également le baigner lorsqu’il est vraiment sale, en évitant toutefois de le baigner tout le temps. Par ailleurs, il faut éviter de le soumettre à des conditions de vie ou à des températures extrêmes.

Conclusion

Et voilà, nous arrivons à la fin de cet article sur le Carlin ! Si vous souhaitez en connaître davantage sur cette race, je vous recommande l’excellent livre «Le Carlin du docteur Alain Fournier». À défaut d’acheter un bébé Carlin sur un coup de tête, cet ouvrage vous donnera un tas d’informations (prix, hygiène, éducation…).

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