J’aime interviewer des blogueurs qui parlent du domaine de l’éducation canine ou du dressage chien, afin de vous apporter des infos sur un sujet intéressant. Et justement ça tombe bien, car aujourd’hui, nous allons parler du sharpei, race de chien assez discrète, mais qu’on imagine bien très particulière.

 

blog sharpei-attitude

interview avec la gérante du blog sharpei-attitude

 

 

J’ai rencontré Carole du blog Sharpei-attitude, elle venait pour commenter un de mes articles. Après plusieurs échanges, je l’ai contactée pour lui proposer une interview, qu’elle a gentiment acceptée.

 

 

 

 

Interview de Carole du blog Sharpei-Attitude

Voici son témoignage :

 

Jean-Luc : Bonjour Carole, prêt à passer sur la sellette ? 

Carole : Même pas peur !

 

Jean-Luc : Tout d’abord, est-ce que tu pourrais te présenter pour les lecteurs ?

Carole : Oui, je m’appelle Carole Martoglio, j’ai 42 ans, et j’habite en Ile de France. J’évolue dans le milieu du chien depuis une dizaine d’années, j’ai fait des expos, donné des cours d’éducation canine en club, écrit de nombreux articles sur les sites internet que j’ai créés ou auxquels j’ai participé. Ma source d’inspiration est le shar-pei.

 

Jean-Luc : Pourquoi avoir créé un blog sur le Sharpei ?  Quel est son but ?

Carole : Depuis peu, le chien devient un véritable objet d’étude scientifique, on en apprend chaque jour davantage sur son comportement. 

Il y a tellement de choses à dire sur les relations que l’on a avec nos chiens que j’ai eu envie de partager toutes ces connaissances, observations  et concepts sur un blog, pour faciliter la vie des gens et, en même temps, m’inciter à en apprendre toujours plus. Si je me consacre au shar-pei, c’est tout simplement parce que c’est la race que je connais le mieux.

Mes articles s’adressent à toutes les personnes qui, comme moi, vivent avec un chien, quelle que soit sa race. Certains aspects seront davantage développés que d’autres, car liées aux spécificités du shar-pei. Mon but est que, après avoir lu mes articles, les gens se disent :

« wouah, je n’avais pas conscience de ça, mais maintenant que je le sais, je vais y faire plus attention« .
De l’incompréhension naît le malaise, le conflit et ça, personne n’en veut dans ses relations, que ce soit avec son conjoint, ses enfants ou avec son chien !

 

Jean-Luc : Ok !  Le Sharpei, c’est quand même une race bien particulière, ai-je raison ou pas ?

Carole : Oui, c’est une race particulière. Et peu appréciée des éducateurs en général, sans parler des vétérinaires.
Pourquoi ? Parce qu’ils sont souvent très réservés et qu’on ne sait pas trop comment s’y prendre avec eux. En général, ils n’aiment pas se faire tripoter par des gens qu’ils ne connaissent pas.
 
Si on les contraint de trop, on n’obtient plus rien d’eux. Ils ne sont pas aussi malléables que certaines races habituées à travailler avec l’homme. Sans parler de leur physique étrange : des plis sur le corps, un poil urticant, de petites oreilles, un gros museau, des yeux bien enfoncés… et une langue bleue !

 

Jean-Luc : Sur le plan éducation et dressage, peux-tu nous citer les contraintes et les points positifs du Sharpei ? ex : caractère…

Carole : La principale contrainte, c’est que vous obtiendrez difficilement un résultat sur de l’herbe humide ! L’un de mes chiens avait l’habitude, en club, de plier légèrement les pattes arrières, quand j’insistais, pour me montrer qu’il faisait des efforts mais qu’il ne fallait aller plus loin ! C’est un chien qui peut être difficile à motiver.
 
Il lui faut de courtes séance d’éducation sinon il se lasse vite. Il vaut mieux ne pas utiliser de contrainte physique sur lui et savoir l’encourager quand il fait quelque chose de bien. L’idéal est de lui faire croire que l’idée vient de lui. J’avais tenté un concours d’obéissance avec l’un de mes chiens. C’était un défi que je m’étais lancé.
 
Le juge m’a fait comprendre qu’avec ce genre de chien je n’avais pas opté pour la facilité ! Effectivement, son côté indépendant prend parfois le dessus. Et s’il ne veut pas, il ne veut pas !
 
Pour les points positifs : un chien calme, qui apprend très rapidement la propreté, qui s’adapte au rythme de son maître. Il sait être à l’écoute et apprend avec plaisir si on sait s’y prendre. Il nous rend malin car il faut faire preuve d’ingéniosité parfois !

 

Jean-Luc : Je te remercie pour ta franchise. Quel est ta race préféré ? je te pose quand même la question.

Carole : Attends, je réfléchis…. Le shar-pei, je crois ! 

 

Jean-Luc : Je suis surpris ! Je plaisante ! Je crois avoir lu sur ton blog que tu avais 5 Sharpei, est-ce vrai ?

Carole : J’en ai eu cinq en même temps pendant un an à peu près. Deux sont décédés en 2011. Il m’en reste trois : deux mâles et une femelle.

 

Jean-Luc : Pourquoi pas éleveuse dans ce cas ? 

Carole : J’ai eu quatre mâles et une femelle, ce n’est pas la meilleure configuration ! Blague à part, avoir cinq chiens c’est énorme quand on vit en ville, qu’on travaille, qu’on a une vie sociale et des activités annexes et qu’on veut une maison à peu près propre.
 
Faire de la reproduction cela voulait dire garder éventuellement des chiots, reprendre des chiens qu’on a vendu et dont le propriétaire se débarrasse, bien choisir ses reproducteurs, faire des choix drastiques, se casser la tête sur les problèmes de santé, bref, avoir beaucoup de chiens à la maison et du coup ne penser qu’à ça.
 
Sans compter le budget que ça représente, la responsabilité et le stress. J’estime qu’il y a suffisamment d’éleveurs qui font du bon boulot sans que j’ai besoin de m’y mettre aussi.
Par ailleurs, dans le chien, ce n’est pas tellement le côté physique qui m’intéresse mais davantage l’aspect mental et comportemental. C’est une des raisons pour lesquels je préfère avoir plus d’un chien car j’aime observer leurs interactions.

 

Jean-Luc : Est-ce que tu penses que n’importe qui peut accueillir un Sharpei chez lui ?

Carole : Si ce sont des gens équilibrés, un shar-pei fera un excellent compagnon. Il ne faut pas un maître qui cherche le rapport de force. On doit convaincre un shar-pei et ne pas le contraindre. Si on est très sportif, il faudra plutôt privilégier une race bergère mais votre shar-pei pourra vous suivre pendant votre jogging, sans problème.
 
Il vous accompagnera aussi lors de votre sieste !
 
Du moment qu’on s’occupe de lui et qu’on lui offre quelques balades, il peut aussi bien vivre en appartement qu’en maison.

 

Jean-Luc : Un dernier conseil pour les lecteurs qui souhaiteraient acheter un Sharpei et l’élever ?

Carole : Comme pour toutes les races, il est conseillé de choisir son élevage avec soin. Prêtez attention au caractère des parents (attention aux chiens peureux). Posez des questions à l’éleveur au sujet de la santé (dysplasie,  amyloïdose rénale…) et surtout ne choisissez pas un chien trop typé avec des plis qui dégoulinent.
 
Les chiots sont très plissés mais les adultes ne gardent que quelques plis. Et non, le prix d’un shar-pei n’est pas établi en fonction du nombre de plis et cela fait très longtemps qu’il n’est plus le chien le plus cher du monde. Privilégiez un shar-pei inscrit au LOF.
 
Ce n’est pas pour aviver l’éternel débat LOF/non LOF mais tout simplement parce que les molossoïdes sont toujours dans le collimateur de certaines instances, alors mieux vaut pouvoir prouver que votre chien est officiellement un shar-pei. Enfin, dernier conseil, faites énormément d’efforts pour socialiser correctement votre shar-pei et privilégier les rencontres positives avec des gens et des chiens.
 
Avec un shar-pei bien socialisé et correctement éduqué, vous serez tellement heureux que vous courrez vite en prendre un deuxième !

 

Mille merci à toi et bonne continuation…

 

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